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Gwada négatif » : un nouveau groupe sanguin ultra-rare découvert chez une femme guadeloupéenne
Gwada négatif » : un nouveau groupe sanguin ultra-rare découvert chez une femme guadeloupéenne
Une découverte scientifique majeure vient enrichir la connaissance du corps humain. Un nouveau groupe sanguin, baptisé « Gwada négatif », a été officiellement reconnu au début du mois de juin 2025 par l’Établissement Français du Sang (EFS) et validé à l’échelle mondiale par l’International Society of Blood Transfusion (ISBT). Il devient ainsi le 48ᵉ système sanguin identifié chez l’être humain.

Ralph-Olivier Crepsac
24 juin 2025
Une découverte scientifique majeure vient enrichir la connaissance du corps humain. Un nouveau groupe sanguin, baptisé « Gwada négatif », a été officiellement reconnu au début du mois de juin 2025 par l’Établissement Français du Sang (EFS) et validé à l’échelle mondiale par l’International Society of Blood Transfusion (ISBT). Il devient ainsi le 48ᵉ système sanguin identifié chez l’être humain.
L’histoire débute en 2011, lorsqu’une femme d’origine guadeloupéenne, résidant à Paris, doit subir une intervention chirurgicale. Lors des examens préopératoires, les médecins détectent la présence d’un anticorps inconnu dans son sang, une anomalie rare qui alerte immédiatement les spécialistes en hématologie. Faute d’outils scientifiques suffisants à l’époque, le cas est mis en attente, tout en restant sous surveillance.
Ce n’est qu’en 2019, grâce aux progrès du séquençage génétique, que les chercheurs parviennent à percer le mystère. Ils identifient une mutation génétique inédite affectant un gène responsable de l’expression de certaines protéines à la surface des globules rouges. Cette mutation est présente sur les deux allèles hérités de ses parents, eux-mêmes porteurs d’une variante rare mais sans conséquence clinique.
Conséquence directe : cette femme est aujourd’hui la seule personne au monde connue à posséder ce groupe sanguin. Une particularité extrême qui implique une contrainte majeure : elle ne peut recevoir que son propre sang en cas de transfusion.
Une reconnaissance scientifique mondiale
Après plusieurs années de recherches et de validations, la découverte est officiellement intégrée à la nomenclature internationale des groupes sanguins au début du mois de juin 2025, lors d’un congrès scientifique organisé à Milan.
Le nom retenu, « Gwada négatif », rend hommage à ses origines guadeloupéennes, tout en s’inscrivant dans la tradition médicale des groupes sanguins dits « négatifs », à l’image du Rhésus négatif. Cette appellation a été validée par la communauté scientifique internationale, tant pour sa portée symbolique que pour sa simplicité d’usage universelle.
Un enjeu médical majeur et discret
Au-delà de la prouesse scientifique, cette découverte soulève des enjeux cruciaux en matière de transfusion sanguine. En cas d’accident grave ou d’hémorragie, l’absence de donneurs compatibles représente un risque vital. Pour anticiper toute urgence, la patiente est contrainte de conserver régulièrement son propre sang, une solution exceptionnelle mais nécessaire.
Face à cette situation, l’EFS a mis en place un protocole de recherche ciblé, notamment dans les territoires d’outre-mer, dont la Guadeloupe, afin d’identifier d’éventuels autres porteurs de cette mutation génétique encore inconnus.
La découverte du groupe sanguin « Gwada négatif » rappelle avec force l’ampleur de la diversité génétique humaine, encore largement inexplorée. Elle ouvre de nouvelles perspectives en hématologie, tout en soulignant l’importance d’une meilleure représentation des populations minoritaires dans la recherche et les politiques de santé publique à l’échelle mondiale.
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